Tunisie: Des ONG dénoncent « le discours haineux » contre les migrants subsahariens

Kaies-Saied - Tunisie

Des associations et des organisations de la société civile tunisienne ont vivement dénoncé les campagnes d’intimidation contre les migrants subsahariens, appelant à cesser « le discours de haine » et de « discrimination » ciblant cette communauté.

Dans un communiqué relayé par les médias locaux, ces associations font état de la poursuite des campagnes d’intimidation raciste contre les immigrés, en « stéréotypant leur image et en les présentant comme une menace pour la sécurité » du pays, et ce en vue de justifier leur expulsion et leur privation des services de base.

Le discours anti-immigrés ne peut pas être considéré comme un point de vue ou une liberté d’expression, mais plutôt comme un crime, en vertu de la loi n°50, relative à l’élimination de toutes les formes de racisme, avertissent ces ong, relevant que « le coût politique et moral élevé de ce discours est clairement évident”, dans la mesure où “les migrants ont été stigmatisés et leur présence en Tunisie criminalisée”.

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Évoquant les conditions difficiles des migrants, les associations regrettent le fait que les forêts d’oliviers de Sfax et les déserts des frontières avec la Libye et l’Algérie témoignent de l’ampleur du drame et des souffrances humaines dans lesquelles vivent ces migrants.

Et d’appeler dans ce sens à mettre fin aux « discours de haine » et au racisme dans le pays, à protéger les immigrants de la violence, à enquêter sur les actes de violence signalés et à garantir l’accès à la justice et les droits des victimes.

Un discours prononcé, il y a un an, par le président tunisien Kais Saied, a provoqué un tollé au niveau local et international, eu égard aux propos jugés « violents » et « racistes » à l’égard des migrants d’Afrique subsaharienne.

Plusieurs pays africains avaient organisé des opérations de rapatriement de leurs ressortissants en Tunisie, suite à la multiplication d’agressions et de l’hostilité à l’encontre de la communauté subsaharienne sur fond d’un discours officiel qualifié de « raciste ».