Des experts mettent en garde contre l’escalade de la crise des armes à feu illégales en Afrique du Sud

armes illégales

Des experts sud-africains ont mis en garde, lundi, contre l’escalade de la crise des armes à feu illégales en Afrique du Sud.

«La montée en flèche de la violence armée et de la criminalité dans le pays dresse un sombre tableau de la crise aigue des armes à feu illégales», prévient Guy Lamb, maître de conférences à l’Université de Stellenbosch, qui a mené des recherches et des travaux approfondis sur le contrôle des armements, la réduction de la violence, la sécurité urbaine et le maintien de l’ordre en Afrique.

Les informations faisant état d’une augmentation du nombre d’armes à feu et de munitions illégales qui inondent les rues d’Afrique du Sud sont une indication de l’escalade de la crise de la criminalité, certains appelant le gouvernement à prendre des mesures drastiques contre la hausse alarmante des crimes dans le pays.

Notant que les armes à feu utilisées appartenaient légalement à la police d’État, à des sociétés de sécurité privées ou à des citoyens ordinaires, l’expert relève que ces armes sont volées ou perdues et finissent entre les mains des criminelles.

«Avec un accès facile aux armes à feu et aux munitions, ce qui semble être le problème en Afrique du Sud, on a tendance à voir ces armes jouer un rôle beaucoup plus important dans la criminalité», déplore-t-il.

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Le criminologue a, ainsi, suggéré une approche multiforme pour faire face à cette crise, citant une stratégie intensifiée dans les opérations criminelles pour éliminer les armes à feu illégales, l’augmentation des amnisties sur ces armes et un registre central des armes à feu plus efficace.

En 2021, une proposition visant à introduire un contrôle plus strict des armes à feu en Afrique du Sud suggérait une interdiction de posséder ces armes pour se défendre, mais cette proposition s’est heurtée à la résistance des groupes de pression.

Pour sa part, Marcia Socikwa, directrice générale adjointe de l’Unisa et experte dans le domaine de la sécurité, a déclaré que des mesures drastiques devraient être mises en œuvre d’urgence pour répondre aux préoccupations des populations.

«La base de données du Registre central des armes à feu est problématique et dysfonctionnelle et la police a été paralysée par un système électronique défectueux», a-t-elle souligné, notant que la sécurité autour des commissariats doit être examinée de près et renforcée pour éviter le vol des armes à feu.

Des experts sud-africains avaient auparavant ont mis en garde contre la hausse inquiétante des meurtres de masse en Afrique du Sud ces dernières années et l’utilisation accrue d’armes à feu par les criminels.

«Le principal facteur de la prolifération des assassinats en Afrique du Sud est le problème général de l’utilisation des armes à feu par les personnes impliquées dans la violence et la criminalité», a déclaré aux médias David Bruce, chercheur indépendant et consultant de l’Institut d’études de sécurité (ISS).

Au total, 7 710 personnes ont été assassinées en Afrique du Sud entre le 1er octobre et le 31 décembre 2023, selon le ministre de la Police, Bheki Cele.

L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus dangereux au monde. La criminalité continue de s’y aggraver, avec un taux de meurtres, attaques à main armée, enlèvements, viols et autres crimes supérieur à la majorité des autres pays du monde.