Burkina Faso : De élections couplées présidentielle et législatives dans un contexte sécuritaire perturbé

Burkina Faso

Les électeurs burkinabé sont appelés, dimanche, aux urnes pour des élections couplées présidentielle et législatives dans un contexte sécuritaire perturbé marqué par l’attaque meurtrière, du 11 courant, ayant ciblé un convoi de l’armée.

Treize candidats sont en lice pour le premier tour du scrutin présidentiel. Outre le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré qui part favori pour rempiler, la liste comprend notamment le chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré (UPC), Kadré Desiré Ouédraogo, (Agir ensemble) ou encore Eddie Komboïgo (CDP).

En signe d’apaisement, le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré a affirmé au cours de sa campagne électorale que son prédécesseur Blaise Compaoré rentrerait au pays “dans la dignité”.

“Le président Compaoré est un ancien président. A ce titre, il faudra travailler à son retour dans la dignité et dans le respect de son rang”, avait-t-il déclaré.

En ce qui concerne les législatives, 96 partis, 5 formations politiques et 25 regroupements d’indépendants, soit 10.652 candidats, sont en lice pour les 127 sièges de l’Assemblée nationale.

La campagne électorale, lancée en fin octobre au Burkina Faso, a pris fin vendredi à minuit sur toute l’étendue du territoire.

Au dernier jour, les différents candidats et leurs partis respectifs ont animé leurs derniers meetings dans les grands centres urbains du pays.

Le président sortant Roch Marc Christian Kaboré, qui a parcouru 12 capitales régionales du pays, a tenu son dernier meeting à Ouagadougou, la capitale, alors que le chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré a choisi Bobo-Dioulasso, la capitale économique à l’ouest du pays.

A quelques jours de ces échéances, le nord du pays, précisément l’axe Tin-Akof-Beldabié, a été le théâtre d’une attaque meurtrière, revendiquée par le groupe terroriste de l’+EI+.

Lors de cette attaque, Treize militaires et un gendarme avaient trouvé la mort dans une embuscade. Suite à ce lourd bilan humain, le président sortant a annoncé la suspension de sa campagne électorale.

Selon la presse locale, la situation sécuritaire s’est dégradée dans le Sahel et le nord du pays au moment où les acteurs politiques étaient en pleine campagne pour les élections couplées présidentielle et législatives.

Les attaques terroristes mêlées à des conflits intercommunautaires qui rythment cette partie du Sahel ont fait au total 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l’ONU.

Pour rassurer la population et l’inciter à aller voter, les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité, en déployant des troupes dans tout le pays.