Tunisie : Recours à l’endettement interne va atteindre environ 4,4 milliards d’euros en 2020

L'endettement

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a annoncé, mardi soir, l’intention de recourir à l’endettement interne à hauteur de 14,3 milliards de dinars (4,4 milliards d’euros) au titre du projet de la loi de finances complémentaire 2020, contre 2,4 milliards de dinars (740 millions d’euros), prévu dans la loi de finances 2020.

“Ce recours excessif au financement interne aura des répercussions négatives sur les équilibres économiques et sur le secteur bancaire qui participera aux efforts de mobilisation des ressources”, a ajouté l’institution d’émission tunisienne dans un communiqué publié, à l’issue d’une réunion, mardi de son conseil d’administration.

La même source a fait état d’un “déficit budgétaire qui dépasse de loin les impacts de la crise du Covid-19, ce qui devra intensifier le recours au financement interne”.

La souscription des banques à des émissions du trésor exercera une pression accrue sur leurs liquidités, d’où leur recours davantage au refinancement de la BCT, a précisé encore la BCT, évoquant “la nécessité de maîtriser l’impact du recours excessif au financement intérieur qui impactera la stabilité macroéconomique, outre ses effets directs et indirects sur l’inflation et le volume total de refinancement.

La réunion du conseil d’administration de la BCT a permis d’examiner le projet de la loi de finances complémentaire pour l’exercice 2020 et les problèmes qui se posent au niveau des besoins supplémentaires de financement.

Dans ce sens, le conseil a souligné que ces besoins “nécessitent la mobilisation de ressources financières dans un temps très court et dans une conjoncture caractérisée par un accès difficile au marché financier international, notamment avec la dégradation de la notation souveraine de la Tunisie et le coût élevé sur ce marché en raison de la rareté des liquidités”.

Pour la BCT, la crise de Covid-19 et l’endettement des pays sont à l’origine de la rareté des liquidités, vu que les investisseurs internationaux sont de plus en plus réticents à prendre le risque dans les économies émergentes. La même source a rappelé, dans ce cadre, ses efforts, au cours des trois dernières années, à travers l’adoption d’une politique monétaire volontariste, qui a conduit à une baisse de l’inflation et une amélioration des équilibres internes et externes.

Il a, en outre, mis l’accent sur “l’effet d’éviction”, en plus de la possibilité d’un déséquilibre extérieur et de la détérioration de la valeur du dinar.

Le Conseil a réitéré son engagement à accomplir sa mission telle que confiée par le législateur; à savoir maintenir la stabilité des prix et contribuer à la stabilité financière conformément à la loi relative au statut de la BCT.

( Avec MAP )