Les émigrés zimbabwéens en Afrique du Sud demandent leur rapatriement

Les émigrés zimbabwéens en Afrique du Sud ont demandé, lundi, à leur gouvernement de les aider à accélérer un programme urgent de retour volontaire, invoquant des conditions de plus en plus intolérables dans le pays d’accueil.

«Les Zimbabwéens sont désormais obligés d’intenter des poursuites judiciaires en Afrique du Sud lorsqu’ils se rendent à l’hôpital, à l’école, à l’université, ou encore lorsqu’ils voyagent sur les routes sud-africaines ou se rendent à leur lieu de travail», déplore l’Association des titulaires de permis d’exemption du Zimbabwe (Zepha) dans un mémorandum envoyé à leur ambassade à Pretoria.

Les détenteurs de ces permis affirment que la xénophobie est devenue monnaie courante dans la nation Arc-en-ciel et souhaitent que le gouvernement zimbabwéen aide à leur rapatriement. La xénophobie a été généralisée par des partis politiques tels que l’Alliance patriotique, le Parti MK et ActionSA, notent-ils, tandis que des «quasi-milices» opérant sous le nom d’Opération Dudula et Put South Africa First ont physiquement ciblé les étrangers, mais plus particulièrement les Zimbabwéens.

Il existe de nombreux cas enregistrés de Zimbabwéens, y compris de femmes enceintes, qui se sont vu refuser des soins dans les hôpitaux sud-africains.

L’application de la loi en Afrique du Sud a été renforcée dans les entreprises employant des Zimbabwéens et cette campagne de harcèlement a conduit de nombreux employeurs à les licencier, déplore l’association.

Elle indique que les abus envers les Zimbabwéens en Afrique du Sud ont causé «un préjudice psychologique et émotionnel important à tous les membres», arguant que de l’avis de nombreux médecins et universitaires, «cette situation ne peut plus perdurer».

Le mémorandum indique également que les enfants zimbabwéens en Afrique du Sud sont élevés et conditionnés à croire qu’ils sont des citoyens de seconde classe. «Cela s’explique par le fait que leurs parents sont humiliés, dégradés, maltraités et publiquement méprisés par ce qui semble être une rhétorique anti-zimbabwéenne parrainée par l’État», souligne l’Association.

Zepha ajoute qu’elle a déjà lancé un programme de rapatriement, mais qu’elle souhaiterait l’aide du gouvernement zimbabwéen pour la relocalisation de milliers de détenteurs des permis ZEP, ainsi que pour leur permettre de trouver des opportunités de travail.

La population majoritairement noire en Afrique du Sud accuse à tort les Zimbabwéens de «voler» leurs emplois, les services médicaux et les opportunités économiques.

La décision du ministère sud-africain de l’Intérieur de mettre fin au programme ZEP a été jugée illégale et inconstitutionnelle en 2023 par la Haute Cour de Pretoria. Le programme ZEP a ensuite été prolongé jusqu’à fin 2025, une date limite que de nombreux demandeurs de résidence permanente ne sont pas susceptibles de respecter, soutient Zepha.