Les droits de douane imposés par les USA annulent les avantages de l’Agoa

Ronald Lamola

Les nouveaux tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis d’Amérique à plusieurs pays africains, dont l’Afrique du Sud, ont annulé effectivement les énormes avantages de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), a affirmé, vendredi à Johannesburg, le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola.

«Les avantages de l’AGOA ont été annulés, à l’exception de certains secteurs», a déclaré M. Lamola lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau.

Il a expliqué que les droits de douane réciproques annulent de fait les préférences dont bénéficient les pays d’Afrique subsaharienne au titre de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique. «Ces mesures tarifaires radicales affecteront plusieurs secteurs de notre économie, notamment l’industrie automobile, l’agriculture, les aliments transformés, les produits chimiques, les métaux et d’autres segments de l’industrie manufacturière, avec des conséquences sur l’emploi et la croissance», a-t-il déclaré.

Le ministre a précisé que les États-Unis représentaient 7,45 % des exportations totales de l’Afrique du Sud en 2024, alors qu’en revanche, l’Afrique du Sud ne représentait que 0,4 % des importations totales américaines.

En conséquence, l’Afrique du Sud se doit de poursuivre ses efforts de diversification des marchés d’exportation dans le cadre d’une stratégie de renforcement de la résilience, a-t-il dit, ajoutant que les importantes opportunités d’accès aux marchés, tant par le biais d’accords commerciaux que de partenariats stratégiques avec des pays du monde entier, offrent d’immenses perspectives pour les exportations.

Mercredi, la Maison Blanche a annoncé des taxes mondiales à l’importation ciblant plusieurs pays, l’Afrique du Sud étant frappée d’un tarif réciproque de 30 %.

L’Agoa, promulguée par l’Administration américaine en 2000, a aboli les droits d’importation aux États-Unis sur des milliers de produits fabriqués dans des pays d’Afrique subsaharienne.

Avec MAP