L’Afrique du Sud appelée à accélérer les réformes après les émeutes meurtrières

FMI

Le gouvernement sud-africain est appelé à redéfinir ses priorités de dépenses et accélérer les réformes pour favoriser une croissance économique inclusive, au lendemain des émeutes meurtrières qui ont ravagé le pays, selon le Fonds monétaire international (FMI).

“Le soutien social prévu par les autorités sud-africaines pour venir en aide aux entreprises et aux particuliers touchés par les violences constitue une solution temporaire de fortune”, a déclaré à la presse le représentant du FMI en Afrique du Sud, Max Alier, exhortant le gouvernement à éviter de s’enfoncer davantage dans la spirale de la dette.

Ce qui s’est passé en Afrique du Sud est “une tragédie, mais en même temps, nous ne pouvons pas perdre de vue les réalités fiscales du pays”, déjà fragilisées par le ralentissement économique et la crise sanitaire de la Covid-19, a estimé M. ALier cité par des médias locaux.

Les autorités devraient idéalement redéfinir les priorités des dépenses pour compenser les mesures de soutien et essayer de garder le cadre budgétaire intact, a-t-il poursuivi, signalant que “la solution ultime est de créer les conditions pour que les gens obtiennent un emploi.”

M. Alier a, en outre, mis en garde que “tout écart par rapport aux prévisions du Trésor national selon lesquelles la dette culminera à 88,9% du produit intérieur brut en 2026, pourraient mettre les finances publiques sur une voie explosive”.

Selon les chiffres officiels, l’Afrique du Sud a perdu plus de 50 milliards de rands (plus de 3 milliards de dollars) à cause des violences et des pillages qui ont secoué plusieurs régions du pays depuis l’incarcération de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma pour outrage à la Justice.

La ministre à la présidence par intérim, Khumbudzo Ntshavheni, a souligné que près de 200 centres commerciaux, 300 magasins, 1.400 guichets automatiques bancaires, 300 banques et bureaux de poste, ainsi que 120 pharmacies ont été vandalisés et saccagés dans les provinces de Gauteng et du KwaZulu-Natal.

Le bilan humain a été également très lourd, avec pas moins de 330 personnes tuées, notamment à cause des bousculades qui ont eu lieu lors du pillage des centres commerciaux.

( Avec MAP )