La mission de l’UE émet 22 recommandations destinées à améliorer le système électoral du Sénégal

La mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE) dépêchée au Sénégal dans le cadre de l’observation du processus ayant débouché sur la tenue le 24 mars dernier de l’élection présidentielle, a rendu public, jeudi à Dakar, son rapport sur cette présidentielle où elle énumère 22 recommandations destinées à améliorer le système électoral de ce pays.

L’élection présidentielle a été remportée par Bassirou Diomaye Faye dès le premier tour avec 54,28% des suffrages.

« La mission d’observation électorale de l’Union européenne a élaboré 22 recommandations en vue de contribuer à l’amélioration des prochains processus électoraux. Parmi ces recommandations, huit sont jugées prioritaires », a indiqué Malin Björk, la cheffe de la mission de l’UE, faisant état notamment de la nomination aux organismes électoraux, la transparence du processus, l’inscription des électeurs, le parrainage des candidats, la publication des résultats, le financement de la campagne, l’accès à l’information et la liberté d’expression.

Les recommandations portent également sur le financement des partis politiques, des médias, les réseaux sociaux et la participation des femmes et des personnes en situation de handicap, a-t-elle noté.

Selon Mme Björk, les observateurs de l’UE recommandent le renforcement de l’indépendance et l’impartialité des membres des institutions électorales, qui sont nommés par le président de la République.

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Ils ont jugé essentiel d’envisager une plus grande pluralité dans la nomination de ces derniers dans les organes majeurs du processus électoral, afin de renforcer leur indépendance et la confiance des parties prenantes.

La cheffe de la mission d’observation électorale de l’UE a également suggéré le renforcement des organes de gestion et de supervision du processus électoral et la garantie d’un accès à l’information surtout sur le fichier électoral et la carte électorale.

Dans le but de garantir le plein exercice du droit de vote, l’inscription sur les listes électorales en particulier pour les jeunes doit être automatique pour tous les détenteurs de la carte d’identité nationale éligibles dans le fichier électoral, ont relevé les observateurs européens dans le rapport.

Ils ont d’autre part préconisé la mise en œuvre d’un système fonctionnel de radiation des électeurs décédés du fichier en collaboration avec l’état civil et d’envisager la disparition progressive des cartes d’électeur.

Le rapport fait mention aux conditions d’éligibilité des candidats qui doivent être fondées sur des critères objectifs, raisonnables et prévisibles.

En vue d’une plus grande transparence, la mission de l’UE recommande ‘’d’inclure dans le code électoral l’obligation de publier en ligne les résultats provisoires, bureau de vote par bureau de vote dès la proclamation des résultats’’ par l’autorité concernée.

Les analyses ont pu montrer le besoin d’adopter ‘’un cadre juridique du financement des partis politiques et de la campagne électorale, afin de renforcer l’égalité des chances entre les candidats et garantir la transparence’’, a souligné Mme Björk.

Les observateurs électoraux de l’UE ont relevé dans ce cadre que ‘’les dispositions sur le code pénal manquent de précision et constituent une limite à la liberté d’expression contraire aux engagements internationaux et régionaux du Sénégal et, c’est pour cela que nous demandons d’abroger ou d’amender les provisions qui sanctionnent les +fausses nouvelles+’’.

Mme Björk a souligné que ces recommandations techniques ont déjà été mises à la disposition des autorités sénégalaises en charge de l’organisation des élections et des autres parties prenantes du processus électoral, ajoutant que le rapport final sera remis aux autorités gouvernementales.