Au Soudan, déchiré par une guerre qui dure depuis avril 2023, près de 30 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire dans l’une des « plus grandes crises humanitaires » au monde, a affirmé jeudi à New York Edem Wosornu, directrice à l’OCHA.
“Plus de 30 millions de personnes ont besoin d’une forme d’aide, alors que quatre millions ont fui le pays”, a déclaré Mme Wosornu, directrice des opérations au Bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires, qui revient d’une visite au Soudan et au Tchad voisin.
Dans la ville d’El Fasher, capitale de l’État du Nord-Darfour, assiégée depuis 500 jours et plusieurs fois bombardée, la situation est particulièrement préoccupante, a-t-elle déploré.
La ville se bat aussi contre une “épidémie mortelle” de choléra, qui “ne fait aucune différence entre les civils et les militaires”, a constaté la responsable.
Deux autres villes, Kadugli dans l’État du Kordofan du Sud et El Obeid dans l’État du Kordofan du Nord, “sont également assiégées”.
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Dans la capitale Khartoum, si les armes se sont tues, l’ampleur de la destruction est “dévastatrice”, a dit Mme Wosornu, qui a décrit des rues et des bâtiments “jonchés de restes explosifs de guerre”. Khartoum, autrefois dynamique, est aujourd’hui “une ville fantôme”, où se répand partout un “sentiment de traumatisme”.
Dans plusieurs parties du pays, a-t-elle résumé, des maisons, des hôpitaux et des écoles ont été détruits, et les services de base ont été interrompus, alors que la malnutrition et l’insécurité alimentaire montent en flèche.
Du côté positif, des camions de l’UNICEF ont réussi à livrer, ces derniers jours, de l’aide à des “centaines de milliers” de personnes à Kadugli, la capitale de l’Etat du Kordofan-sud.
Afin de faire face à cette situation, la responsable onusienne a souligné la nécessité de garantir un “accès durable” aux équipes humanitaires, surtout à El Fasher, à renforcer la contribution financière aux opérations d’aide, et à parvenir instamment à une “paix durable”.