Alors que toute l’attention est portée sur l’Assemblée nationale sud-africaine où les députés s’apprêtent à voter, ce mercredi, pour l’adoption du budget de 2025, le Congrès National Africain (ANC au pouvoir) continue de faire face à d’importants défis pour obtenir le soutien de ses partenaires de coalition.
La pierre d’achoppement est le rejet catégorique par certains partenaires du Gouvernement d’unité nationale de la proposition de l’ANC d’augmenter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour combler un énorme déficit de financement dépassant trois milliards de dollars.
Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, a présenté le 12 mars dernier un budget révisé, qui a été rejeté par la plupart des principaux partis parlementaires malgré la réduction de la hausse proposée de la TVA de deux points de pourcentage à un point, étalée sur deux ans.
Cette proposition d’augmentation de la TVA a suscité une vive réaction de la part des partis d’opposition, qui estiment qu’elle affecte de manière disproportionnée les ménages à faibles revenu.
Sans le soutien de l’Action Démocratique (DA), deuxième plus importante force politique au gouvernement de coalition, l’ANC cherche à courtiser les partis d’opposition pour l’aider à faire passer le budget, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er mai.
C’est dans ce cadre que les dirigeants de l’ANC ont rencontré, la semaine dernière, des responsables du parti uMkhonto Wesizwe (MK), ActionSA et les Combattants pour la liberté économique (EFF) pour tenter de les convaincre de soutenir le budget après que plusieurs de ses partenaires l’aient rejeté.
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Mais, il semble que les pourparlers sont toujours dans l’impasse. «Nous avons clairement indiqué que nous n’accepterions pas une augmentation de la TVA et que l’ANC devait plutôt présenter d’autres propositions formelles», a déclaré le porte-parole national du MK, Nhlamulo Ndhlela.
Dans cette course contre la montre, un autre problème pourrait entraver l’adoption du cadre budgétaire et les propositions fiscales : Pour que le budget soit pleinement adopté, les deux chambres du Parlement doivent voter et adopter le rapport des comités permanents et spéciaux conjoints, qui sera déposé dans les deux chambres ce mercredi après-midi.
Cependant, le Comité spécial des finances du Conseil national des provinces (NCOP) n’a pas suivi la procédure appropriée mardi, en ne votant pas sur le rapport du comité comme requis.
Le chef de l’Alliance démocratique au sein du NCOP, Dennis Ryder, a ainsi écrit une lettre à la présidente du Conseil, Refilwe Mtshweni-Tsipane, lui demandant de retirer l’examen du rapport. Dans sa lettre, il déclare que le rapport «n’a jamais été formellement adopté par le comité comme l’exige la loi sur la procédure de modification des projets de loi de finances et des questions connexes».
Ryder affirme que si le vote a lieu «sur la base d’un rapport illégal, toute résolution de la Chambre serait par la suite illégale».